Cette nuit

Nous avions un terroriste dans la maison. Qui n’était pas nôtre maison actuelle d’ailleurs mais apparemment nous l’avions empruntée au voisin. Les gens sont si gentils.

L’homme qui fait peur était un peu concon mais passons, ces choses-là on ne choisit pas.

La Miss jouait tranquillement la plupart du temps tandis que moi j’essayais désespérément d’appeler le 17. Répondeur.

Qui disait en substance « ce numéro n’est pas fait pour rire, en cas de demande sérieuse, rappelez ultérieurement. »

Et je rappelais à chaque occasion.

Monsieur avait disparu mais comme ça ne m’inquiétais pas énormément, je suppose qu’il était bien en sécurité.

Finalement, le terroriste nous a prévenu qu’il allait faire caca, son magazine à la main (en couverture la rétrospective des prises d’otages les plus réussis).

On est sorties de la maison et on est parties.

Une fin d’allaitement

Cette semaine, c’est la Semaine Mondiale de l’Allaitement.

Il y a un an ma petite Miss était un bébé dodu de 15 mois qui tétait toujours le sein de sa maman.

Un seul sein, le plus souvent seulement le matin, elle refusait les autres tétées que je lui proposait… ça sentait la fin.

Quelques semaines plus tard, avant de se sentir prête à marcher avait lieu notre dernière tétée. J’étais rentrée du travail et je l’avais retrouvée à la maison, avec son père. Elle avait réclamée une tétée et on s’était installées les deux, dans sa chambre : j’étais heureuse car la tétée du soir devenait rare.

On s’est regardées, les yeux dans les yeux, elle n’a pas manqué de glisser sa main le long de ma taille et de tripoter mon tee-shirt, comme à son habitude. Puis elle s’est endormie. Je savourais ce moment, devenu si rare, sans savoir que c’était le dernier.

J’ai réalisé après plusieurs refus consécutifs que c’était terminé.

Aujourd’hui encore j’en ai les larmes aux yeux.

Allaitement et politiquement correct

La phrase consacrée :

« Mieux vaut un biberon donné avec amour qu’un sein donné avec réticence »

Je ne la supporte plus!

A chaque fois quasiment qu’on parle d’allaitement on y a droit. Comme si l’énoncer voudrait dire qu’on ne culpabiliserait pas les mères qui ne veulent pas allaiter. C’est un peu la phrase bateau qui règle les choses et évite les conflits.

Je ne suis pas d’accord, pour moi cette phrase ne veut rien dire!

Une chose qui devrait nous paraître naturelle nous la rejetons aujourd’hui…

Moi-même, je voulais allaiter. Mais les premiers temps j’ai eu du mal à réaliser tout d’abord que j’étais mère. Et avec un petit bébé pendu au sein mes impressions étaient vraiment particulières. Je ne m’y attendais pas du tout. Au bout de quelques jours l’amour est venu et ça a simplifié beaucoup de choses, mais il a fallu un peu plus de temps pour me sentir à l’aise en allaitant. Peut-être qu’allaiter a aidé le lien à se créer, je ne sais pas.

De la même façon qu’il m’a fallu un peu de temps pour me sentir à l’aise avec mon bébé. Si j’avais choisi le biberon, il n’y aurait pas eu plus d’amour dès la naissance.

N’est-ce-pas ça cette réticence?

Cette phrase sous-entend en fait que le biberon pourrait être donné sans amour. Au lieu du sein qui, lui, est forcément donné avec amour.
Ce n’est pas aussi simple que ça, heureusement!

L’amour maternel ou paternel n’est pas conditionné au mode de nourriture.