Tac au tac

Dimanche soir, dans le salon, après une grosse journée de rangement dans la maison… et je me souviens que la Miss est retournée jouer dans sa chambre et que donc, forcément, elle a sorti/étalé des jouets :

« Moi – Dis donc, ta chambre elle est comment?

Elle – Bien rangée!

Les parents – Prrrffffftt. »

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Au fond du jardin

Nous observons la montgolfière passer presque au-dessus de nos têtes. J’explique pour quoi il y a une flamme, etc…
Au loin, derrière les champs, le mur du cimetière et quelques stèles qui dépassent.

« – Tu sais Maman, Mémère est là-bas. On ira voir? Lui mettre des fleurs?

– Tu as besoin de penser à elle?

– Oui! Oui. »

Affronter.
Je n’ai pas pu lui dire que je ne m’en sentais pas capable.

Soirée

21H15
Je rentre, elle dort déjà.

Je me glisse dans la chambre, elle respire régulièrement, impassible.
Un bisou sur la joue toute ronde et douce.
Un bisou sur le front, moins moelleux.

Et un sourire se dessine sur ses livres, ses yeux papillonnent.
Elle m’entoure le cou et m’embrasse.

Puis me montre mon tee-shirt, glissé sous elle pour dormir.
Bonne nuit.

Ces jours lumineux

Ces jours où pour la première fois en quatre ans nous allons à la piscine, l’enthousiasme au corps. Et même deux fois en une semaine.

Terminer par l’arrêt gourmandises, faire provision de chocolat et de fromage.

Prendre le petit chemin le long du bois, monter dans le moulin au bord du ruisseau. Partir à l’assaut des escaliers et arriver au pied de la tour médiévale.

Choisir une place au soleil pour le pique-nique, savourer, éblouïes. Sous les chants d’oiseaux, le reste à l’abandon du silence.

Rebrousser chemin avant les grottes.

Monter tout-en-haut de la tour et admirer.

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Faire pipi devant les bisons, stoïques.

Rentrer à la maison.

La nostalgie

C’est penser à tout ces moments vécus là-bas avec eux. Mes grands-parents, bientôt 90 ans maintenant et une vitalité qui s’effrite, des oreilles qui se bouchent, un corps qui déconne un peu.

Des vacances avec eux, puis le rayon de soleil qu’est la Miss avec nous et Mèmère me répétant inlassablement « vous avez bien fait de faire une cocotte quand même ». Leurs efforts pour manger aux mêmes heures que nous parce que le souper à 17 heures, décidément, on ne peut pas.

Les petits-déjeuners dans la véranda, à moitié réveillés, les croissants ramenés par le Pèpère et la petite brioche ronde pour la Miss, engloutie voracement.

Ce temps-là n’existe plus.

Ils ne peuvent plus faire le long trajet qui les sépare de leur deuxième maison, ces semaines qu’ils y passaient loin de leur petit village et des querelles de clocher. Quant à la Miss, si le lactase lui permet de manger de temps en temps des aliments contenant du lactose, ce n’est pas pour tous les jours…

La maison se fane, habitée seulement pendant quelques semaines par an. Quel avenir pour elle? Que vont devenir nos souvenirs?

Le temps fuit et tue nos illusions.

Tout avoir?

6H45 : le réveil sonne. Je vais à la salle de bain et j’entends un petit « maman » en provenance d’une chambre voisine, je ramène la Miss ensommeillée dans la salle de bain. Douche, habillage pour tous, Monsieur nous a rejointes. On fermera un oeil pudique sur la crise matinale…

7H30 : petit-déjeuner pour tous, enfin seulement du lait (de riz) pour la Miss, un peu barbouillée. Préparation des trois glacières pour les repas de midi.

7H55 : Monsieur part, comme nous avons 5 minutes d’avance sur le timing, j’attaque la vaisselle de la veille qui stagnait dans l’évier.

8H00 : lavage des dents.

8H10 : l’habillage commence.

8H20 : départ pour l’école, à pied.

8H35 : je reviens à la maison et je repars en voiture pour le travail.

8H50 : j’arrive au boulot.

Intermède entrecoupé de coups de fils divers et variés et de sollicitations. Je crois avoir réussi à manger un chocolat avec mes collègues buvant le café, c’est déjà pas mal.

11H40 : zut, le magasin ferme à 12h30 il est temps d’aller faire les courses.

12H30 : je reviens au boulot avec la glacière remplie que je stocke dans le frigo.

12H40 : repas.

13H : tentative d’avancement dans les dossiers.

14H15 : le grand Chef me fait appeler. Il me donne deux heures pour trouver une action à faire pour le lendemain. La tuile.

14H30 : après un coup-de-fil infructueux, je déniche un truc. Je cherche des supports visuels puis soumet l’idée.

14H45 : c’est accepté, quelqu’un va récupérer les supports pas loin.

14H55 : je rédige le mail de présentation de l’idée.

15H15 : les supports sont là, on essaye de les afficher correctement.

15H45 : zut, j’ai répondu au téléphone, ça va me retarder ça!

16H00 : le mail part.

16H10 : je remplis ma glacière et je pars.

16H35 : arrivée pénible à l’école, demain c’est décidé je reprends le vélo hors jour de courses, c’est la fin de la trêve hivernale.

16H45 : nous arrivons à la maison avec la Miss.

16H50 : elle boit une tasse de soupe de courge, elle a refusé les gâteaux. Logique.

16H55 : je m’attable pour boire un verre, Patrick vomit devant sa gamelle. Bon appétit!

17H00 : le principe du gâteau au chocolat est entériné.

17H10 : La Miss se poste lunettes de soleil sur le nez devant la fenêtre ouverte pour guetter l’arrivée de son père.

17H20 : Monsieur arrive. Débriefing des journées. Discussion avec la Miss qui a réveillé les autres enfants pendant la sieste. Cris et larmes de protestation.

17H30 : Monsieur va voir ses mails, je prépare en vitesse le repas du soir.

17H55 : Monsieur revient, je vais me préparer.

18H00 : Cris de la Miss qui ne veut pas aller faire pipi.

18H10 : j’arrive enfin à arracher la Miss de mes bras et je pars.

18H20 : réunion sur les Droits des femmes.

20H10 : je snobe le « pot » et je rentre à la maison.

20H20 : je retrouve mes deux + les deux chats insatisfaits du contenu de leur gamelle.

20H30 : j’emmène la Miss se mettre en pyjama, Patrick faisant le pitre nous distrait, ce qui a l’avantage de distraire la Miss de sa fatigue…

20H50 : Miss couchée, soirée.

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Cela fait beaucoup. Trop sûrement.

En tout cas, pas tous les jours comme ça!

Je crois maintenant qu’il faut faire des choix, y compris mettre de côté certaines choses, certains investissements.

Mais ne pas se perdre, ne pas s’user au fil du temps.