Objectif beurre-crème

En décembre 2013 est enfin arrivé le rendez-vous que nous attendions depuis presque un an chez une allergologue. Après des tests classiques visant à prouver qu’aucune allergie n’était à trouver pour la Miss, on se penche à nouveau sur l’intolérance au lactose.

Elle nous propose une réintroduction très « douce », armés de petites seringues, d’un lait pauvre en lactose. D’abord 1ml par jour, sur une semaine. Puis on augmente chaque semaine d’un millilitre si le corps supporte bien et sinon on repasse au dosage inférieur. Ce type de protocole s’utilise pour d’autres intolérances et même pour des allergies.

Il nous a fallu expliquer et persuader notre fille du bien-fondé. D’autant que le temps passant et les doses augmentant, elle sentait de plus en plus le goût du lait de vache qu’elle n’aime pas. En juin nous sommes arrivés à 25ml de lait pauvre en lactose et en accord avec l’allergologue nous sommes passés à la vitesse supérieure : 50ml de lait pauvre en lactose équivalents à 5 grammes de lactose. L’important étant que le corps soit toujours en contact régulier avec le lactose pour garder la tolérance qu’il a acquise.

La Miss ayant de plus en plus de mal (et de dégoût, on peut le dire) à avaler sa dose quotidienne, j’ai proposé une alternative : intégrer la dose à la nourriture. Nous avons donc essayé plusieurs choses comme la brioche au beurre, le riz au lait pauvre en lactose, les pâtisseries au beurre… certaines recettes ont bien marché, d’autres moins et il est difficile d’anticiper les goûts! Néanmoins pendant ces vacances nous avons intégré le beurre et la crème avec lactose à la cuisine familiale avec plaisir. Et cela élargit considérablement le champ des possibles : le rayon des pâtisseries dans les magasins peut s’enrichir des gâteaux confectionnés avec du beurre, l’achat d’une brioche à la boulangerie (la recette traditionnelle de la brioche comportant du beurre mais pas de lait), la cancoillotte que je ne suis plus obligée de faire maison et je crois que nous n’avons pas encore tout exploré!

Incroyable.

Nous restons vigilants sur les produits transformés, on évite par exemple la poudre de lait car il est quasiment impossible de déterminer quelle quantité subsiste dans le produit final. Quant au lactose brut, on bannit aussi complètement.

Prochain cap : les yaourts qui doivent en théorie contenir 5g de lactose.

Espoir

Du matin, merci bien.

Notre Gary, qui allait si mal, après être tombé tout au fond du trou, sans aucune énergie, ne se déplaçait plus, ne s’alimentait plus et n’avait plus que la peau sur les os.
Cependant il a toujours ronronné et nous l’avons choyé autant que nous avons pu.
Un petit nid dans une de mes polaires puisqu’il adore cette matière, du poisson frais, un coloriage de la Miss spécialement pour lui…

Et un jour, il est littéralement remonté. Il a mangé, bu, a recommencé à avoir assez d’énergie pour sauter sur la fenêtre.
Lorsqu’il a voulu me lécher le front, j’en aurai pleuré de joie.

Depuis il reprend du poids, mange beaucoup, braille pour avoir ses croquettes, miaule comme un désespéré si j’ai le malheur de faire cuire de la viande et passe de long moments à m’entourer le cou. Une prise de sang hier matin a confirmé la baisse des taux qui ne sont pourtant pas encore dans la norme : on continue le traitement et les croquettes spéciales.

La cerise sur le gâteau? Voir qu’enfin nos deux matous dorment côte à côte…

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Attente

En ce moment j’attends. J’attends parce que je sais que ça ira mieux après.

J’en suis sûre.
2013 sera finie, Gary aura fini de s’affaiblir tous les jours parce que tant que l’issue finale n’est pas arrivée je la redoute, les travaux seront terminés et on pourra être un peu tous les trois, ne rien faire un peu et aussi faire d’autres choses ensemble.

J’ai passé le plus gros, je le sais, il reste à consolider les bases.
Mon objectif pour l’instant est de mener la barque jusqu’à la fin de l’année et d’éviter les écueils.
Après, ça ira.

Sursis

Gary, notre Gary est malade.
Insuffisance rénale irréversible à un stade avancé.

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Ce chat que j’ai nourri au biberon, patiemment, qui nous a suivis partout, a éduqué Patrick, le bébé chat trouvé dans la rue…
Ce chat qui n’a jamais griffé ou mordu la Miss, préférant la tactique de fuite malgré ce qu’elle a pu lui faire.
Toujours prêt à faire des câlins, même aux inconnus, privilégiant les personnes allergiques ou n’aimant pas les chats, pour leur faire changer d’avis?
Partant pour toutes les promenades du soir dans le quartier, la famille qui se promène avec son chat, ces dingues.
Nous accompagnant à l’école avec la Miss, tout heureux, puis m’appelant dès que je sors du bâtiment.
Chat local, habitué au climat, fou de joie dès qu’il se mettait à neiger, courant partout et faisant le chasse-neige avec ses pattes avant.

Hier soir nous l’avons ramené à la maison, pour ses derniers jours, que nous essayons d’adoucir au maximum.
La Miss me disant « mais Maman, je veux pas qu’il soit mort Gary, moi! »
Moi non plus ma fille, et pourtant…

Colère!

Hier à la garderie après l’école, la Miss a mangé une crêpe au lait de vache. C’est ce qui a été dit à Monsieur lorsqu’il est allé la chercher.

Assorti de « oh mais elle ne m’a rien dit! »

Elle a trois ans et demi, comment pourrait-elle savoir ce que contiennent les aliments qu’on lui présente? Et pourquoi avoir pris la peine en début d’année scolaire de mettre en place un PAI?

Les erreurs peuvent arriver, je sais. Sauf que dans la structure, je n’ai pas l’impression qu’il y ait beaucoup de choses mises en place pour éviter ça.

Et les conséquences… toute cette douleur, toute cette souffrance pour RIEN! Enfin, pour rien, qui aurait pu être évitée.

Et subir les coliques effroyables, la nuit hâchée et le vomi au petit matin… un stade que nous n’avions encore pas atteint dans l’intolérance au lactose.

Bref, je suis en colère.

Parce que nous, parents, avons beau essayer de faire les choses au mieux, il y a toujours quelque chose qui foire.

Avec des conséquences pareilles, je ne peux l’accepter.

Je vais mal mais je me soigne

Mal? Mal comment?

Mal à l’intérieur. Difficile à définir, à quantifier, à détailler mais très mal. Sur la brêche.

A cause de quoi? De rien, de tout peut-être. Tout enfoui.

Ne plus rien supporter, avoir envie que tout s’arrête. Chut les bruits. Chut les pleurs. Chut les emmerdes.

Se tenir sur la défensive, tout le temps. Partout.

 

Dit comme ça, ça paraît bête et méchant. C’est un peu con de se penser malade alors qu’il n’y a rien de physique.

L’accepter.

Aller voir quelqu’un pour faire changer la situation. Être ébranlée.

Cela ne se fera sûrement pas en un jour, des choses vont remonter à la surface mais ça sera positif, j’en suis sûre.