Quand je serai grande

« – Maman, quand je serai grande je veux faire le même travail que toi.

– Ah bon! Et qu’est-ce-qui te plaît dans mon travail?

– J’aime bien faire des maisons tout ça. »

C’est pas exactement ça mais c’est tellement mignon que je n’ai pas relevé!

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Il paraît que

je ne suis pas compétente. Ou plutôt que je ne serai pas compétente.

Ce n’est pas mon opinion, mon estime se situe quand même un peu plus haut et je travaille à l’améliorer.

Comment faire autre chose alors qu’on nous rétorque que l’on n’est pas compétent dans un domaine inconnu pour nous? Aucune chance de faire ses preuves?

Je ne lâche pas, cela m’épuise, me pompe mon énergie et je n’en ai plus pour le reste, ce qui est vraiment important à y réfléchir.

Migraine.

Tout avoir?

6H45 : le réveil sonne. Je vais à la salle de bain et j’entends un petit « maman » en provenance d’une chambre voisine, je ramène la Miss ensommeillée dans la salle de bain. Douche, habillage pour tous, Monsieur nous a rejointes. On fermera un oeil pudique sur la crise matinale…

7H30 : petit-déjeuner pour tous, enfin seulement du lait (de riz) pour la Miss, un peu barbouillée. Préparation des trois glacières pour les repas de midi.

7H55 : Monsieur part, comme nous avons 5 minutes d’avance sur le timing, j’attaque la vaisselle de la veille qui stagnait dans l’évier.

8H00 : lavage des dents.

8H10 : l’habillage commence.

8H20 : départ pour l’école, à pied.

8H35 : je reviens à la maison et je repars en voiture pour le travail.

8H50 : j’arrive au boulot.

Intermède entrecoupé de coups de fils divers et variés et de sollicitations. Je crois avoir réussi à manger un chocolat avec mes collègues buvant le café, c’est déjà pas mal.

11H40 : zut, le magasin ferme à 12h30 il est temps d’aller faire les courses.

12H30 : je reviens au boulot avec la glacière remplie que je stocke dans le frigo.

12H40 : repas.

13H : tentative d’avancement dans les dossiers.

14H15 : le grand Chef me fait appeler. Il me donne deux heures pour trouver une action à faire pour le lendemain. La tuile.

14H30 : après un coup-de-fil infructueux, je déniche un truc. Je cherche des supports visuels puis soumet l’idée.

14H45 : c’est accepté, quelqu’un va récupérer les supports pas loin.

14H55 : je rédige le mail de présentation de l’idée.

15H15 : les supports sont là, on essaye de les afficher correctement.

15H45 : zut, j’ai répondu au téléphone, ça va me retarder ça!

16H00 : le mail part.

16H10 : je remplis ma glacière et je pars.

16H35 : arrivée pénible à l’école, demain c’est décidé je reprends le vélo hors jour de courses, c’est la fin de la trêve hivernale.

16H45 : nous arrivons à la maison avec la Miss.

16H50 : elle boit une tasse de soupe de courge, elle a refusé les gâteaux. Logique.

16H55 : je m’attable pour boire un verre, Patrick vomit devant sa gamelle. Bon appétit!

17H00 : le principe du gâteau au chocolat est entériné.

17H10 : La Miss se poste lunettes de soleil sur le nez devant la fenêtre ouverte pour guetter l’arrivée de son père.

17H20 : Monsieur arrive. Débriefing des journées. Discussion avec la Miss qui a réveillé les autres enfants pendant la sieste. Cris et larmes de protestation.

17H30 : Monsieur va voir ses mails, je prépare en vitesse le repas du soir.

17H55 : Monsieur revient, je vais me préparer.

18H00 : Cris de la Miss qui ne veut pas aller faire pipi.

18H10 : j’arrive enfin à arracher la Miss de mes bras et je pars.

18H20 : réunion sur les Droits des femmes.

20H10 : je snobe le « pot » et je rentre à la maison.

20H20 : je retrouve mes deux + les deux chats insatisfaits du contenu de leur gamelle.

20H30 : j’emmène la Miss se mettre en pyjama, Patrick faisant le pitre nous distrait, ce qui a l’avantage de distraire la Miss de sa fatigue…

20H50 : Miss couchée, soirée.

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Cela fait beaucoup. Trop sûrement.

En tout cas, pas tous les jours comme ça!

Je crois maintenant qu’il faut faire des choix, y compris mettre de côté certaines choses, certains investissements.

Mais ne pas se perdre, ne pas s’user au fil du temps.

Le malaise du mercredi

Tous les mercredi, je travaille uniquement le matin.

J’arrive à la maison vers 12h30 ou 13h, sans avoir mangé.

A chaque fois, malaise. Vertige, fatigue, etc…

J’ai tenté des trucs : manger plus le matin, une collation dans la mâtinée, ne pas venir en vélo ce jour-là pour ne pas trop forcer… rien n’a fonctionné.

Psychosomatique?

Soyez sages

Je pars deux jours loin, loin.

Prenez bien soin de la Miss et de Monsieur, c’est la première fois que je les laisse seuls aussi longtemps…

Des câlins aux chats, un peu de croquettes.

Et roulez jeunesse!

On se remet en selle

Une opportunité qui se présente : ça y est, je suis assez ancienne, j’ai le droit d’évoluer!

C’est décidé : dans six mois je passe un concours.

C’est fort possible que je n’y arrive pas puisque le niveau est élevé et les places très très limitées. Mais pourquoi pas?

Surtout que mon travail actuel, qui jusqu’à présent devait faire face à un plan de réduction des effectifs, se trouve maintenant à parler de suppression pure et simple de mon métier.

Métier indispensable qui sous-entend donc transfert, reclassement ou licenciement pour ceux qui restent là. Aucune idée des conditions.

Là je suis très motivée, j’ai envie de réussir ce concours. Pour ça je vais partir en formation plusieurs jours loin de Monsieur et de la Miss : première fois depuis que celle-ci est née. Se retrouver seule à l’hôtel le soir. Peut-être un peu d’introspection. Légèrement angoissant.

Il est plus simple de s’étourdir dans toutes les tâches et le tourbillon quotidien.

Bleu

Tôt le matin, je pars au boulot, les pied sur les pédales, le chemin habituel.

Pas le temps de cogiter, une portière s’ouvre brusquement, je crie un coup et je me retrouve couchée sur la route, sur le dos. Je regarde si une voiture arrive face à moi, non.

J’arrive péniblement à m’asseoir. Mes pensées sont très confuses, je ne comprend pas tout.

« Je vous ai pas vue! »

Le Papy me donne la main pour me mettre debout, je demande à un passant de regarder si je saigne au crâne. Non.

« ça va aller? »

Je repars.

Arrivée au boulot ça ne va pas, j’ai de plus en plus mal. Les larmes viennent.

Passage quelques étages plus hauts pour faire une déclaration d’accident du travail et je rentre chez moi.

C’était il y a deux jours, maintenant il y a des bleus un peu partout, surtout une côte douloureuse.

Je retourne chez la Doc lundi pour voir si elle prolonge le repos et si d’autres examens sont nécessaires. Le Chiro a déjà bien travaillé sur mon bassin et mes cervicales, déplacés suite au choc.